Publié par : manuelsds | 9 janvier 2012

Gaz de schiste

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Publié le 08 janvier 2012 à 14h38| Mis à jour à 15h10

Gaz de schiste: 20 000 propriétaires interdisent l’accès à leur terrain

 

 

 

 

 

 

 

Un lieu d’exploration gazière à Saint-Barnabé-Sud.

Photo: François Roy, archives La Presse

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Plus de 20 000 propriétaires fonciers de la vallée du Saint-Laurent ont interdit à l’industrie du gaz de schiste l’accès à leurs terrains.

Ils ont complété une lettre fournie par les opposants aux gaz de schiste et adressée aux entreprises gazières.

Ils se réclament de la Loi sur les mines pour exiger une entente à l’amiable avant toute activité d’exploration sur leur propriété, ce qui bloquerait à toutes fins pratiques les activités des sociétés gazières.

La loi actuelle prévoit en effet qu’une entreprise doit obtenir le consentement du propriétaire foncier pour avoir accès au terrain visé et y faire des travaux d’exploration. Sinon, l’entreprise doit verser une indemnité et en cas de désaccord, un tribunal doit trancher.

Les regroupements d’opposants sont fiers d’avoir accompli cet imposant travail de collecte de signatures en quelques mois.

«C’est une opération majeure, unique, c’est du jamais vu», a déclaré un des porte-parole du Regroupement interrégional sur les gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent (RIGSVSL), Serge Fortier, dans une entrevue à La Presse Canadienne.

«Certains considèrent que c’est une opération titanesque. C’est une initiative citoyenne, payée par des citoyens bénévoles, qui font du porte-à-porte.»

Selon lui, l’adhésion des propriétaires au mouvement illustre clairement la non-acceptabilité sociale de de la filière gazière au Québec, en dépit de ce que le gouvernement ou les gazières prétendent.

«Le gouvernement se pète les « bretelles » en disant que la majorité des gens sont pour le gaz de schiste parce qu’on ne les entend pas parler. (…) Mais on prouve sur le terrain que ce n’est pas vrai.»

Chaque fois qu’un propriétaire signe une lettre, les militants anti-gaz de schiste colorent les lots concernés sur une carte de cadastre.

«On a des cartes colorées jusqu’à 80 %», a affirmé M. Fortier. Si certaines zones sont moins colorées, c’est tout simplement que les militants n’ont pas pu encore étendre les opérations de signature dans ces secteurs, a-t-il soutenu.

Les opposants veulent recueillir l’appui d’au moins 25 000 propriétaires fonciers de la Vallée du Saint-Laurent.

L’industrie gazière estime pour sa part que ce mouvement ne fait qu’illustrer la méfiance et les craintes des propriétaires qui sont normales et qui seront atténues une fois que le comité d’évaluation environnementale stratégique aura livré ses conclusions.

Le relationniste de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Stéphane Gosselin, a indiqué que la lettre rappelle simplement l’état de fait actuel: l’industrie doit obtenir le consentement du propriétaire et le dédommager, ce qu’elle a toujours fait, a-t-il assuré.

Mais par ailleurs, l’industrie peut assez facilement contourner les propriétaires réfractaires et aller voir leurs voisins plus réceptifs, en raison de la localisation du gaz de schiste et des méthodes d’extraction.

«Nous sommes capables d’aller chez un deuxième ou un troisième voisin et atteindre les même ressources, a-t-il confirmé dans une entrevue. Le schiste est une couche de roche qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres. Il y a plusieurs possibilités.»

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